Le blog de ThinkInnovation

Naître au design

Bonne nouvelle : Thomas di Luccio intègre progressivement l’équipe de ThinkInnovation. Pour nous, c’est un nouvel atout indéniable. Pour marquer son arrivée, Thomas nous propose son premier billet sur le blog, retraçant son évolution de designer dans une vision personnelle et émouvante. - MCP

Un billet publié le 20 juin 2014 par Thomas di Luccio.

D’aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours rêvé d’être un designer. Non pas que j’en ai toujours été conscient ; c’est même clairement l’inverse. Long fut le temps pendant lequel je ne parvins ni à qualifier mon métier ni la pratique que j’avais de ma discipline.

C’est l’histoire d’attraits, d’intérêts, d’intuitions et d’aléas qui conduisent sur des chemins de vie. Au lycée et sans idée d’avenir, ce sera pour moi une orientation vers des études scientifiques vers lesquelles on pousse les bons élèves. Mon moi d’aujourd’hui aurait certainement incité mon moi d’hier vers les beaux-arts. Il s’en est agi autrement et s’en suivront classe préparatoire, école d’ingénieur et master d’administration des affaires. Un parcours stéréotypé et la trajectoire normée du jeune cadre dynamique ambitieux dans une entreprise mondialisée.

Mais il y aura un grain de sable dans les rouages de la mécanique pourtant si puissante de la pression normative. Ce ne sera pourtant rien qu’une simple intuition et une idée. La projection d’un avenir gargarisé de barbare franglais corporate, le corps opprimé dans des costumes bon marché tous semblables mais mal ajustés pour se donner l’illusion d’un statut social et l’éternelle répétition de morning meetings, conference calls, plateaux repas poussés sur les rails et sous les néons du self mutualisé, team buildings, séminaires et afterworks entre collègues, qui ne sera brisée que par un burnout et son remplacement par de nouvelles dents longues fraîchement diplômées... Tout cela m’est apparu aussi insupportable que parfaitement absurde. Un vide, un néant.

Je ne comprendrai que bien plus tard mais c’est ce jour-là que je suis né au design, ce jour-là que j’ai donné les moyens à une idée simple de changer une vie —ma vie.

Ensuite, il y aura d’autres intuitions comme celle de se pencher sur le web quand on me reprochait de ne pas exploiter mes connaissances industrieuses bien plus sérieuses, ou bien celle de créer un environnement de travail serein, joyeux et protecteur quand on m’invitait à avoir un "vrai métier". Je suis devenu designer web freelance.

J’ai alors plongé dans l’exploration d’un monde à découvrir et à construire. Je n’ai cessé de chercher à comprendre, construire et déconstruire. Il y a tant de choses à savoir, à comprendre, de nouvelles disciplines à maîtriser, qu’elles soient graphiques, techniques, humaines ou sociales. Et quelle excitation de pouvoir contribuer, moi le simple petit grain de sable, à l’édifice que représentent les technologies numériques en général et le Web en particulier, qui crée dans l’histoire de l’humanité une rupture aussi marquante que la maîtrise du feu. Cette conscience d’une histoire en marche a été prise en même temps que s’est forgée la conviction que ces outils pourront rendre les vies plus douces et supportables, apporter plus de liberté et permettre à tous et à chacun de sortir une nouvelle fois de la caverne et de s’élever vers la lumière.

Pourtant, il n’y a de lumière que parce qu’il y a des ténèbres. Et il y aura pour moi la maladie, foudroyante, et avant même d’avoir le temps de se relever une seconde fois, absurde et fatale. Un temps brutalement rongé de l’intérieur, je donne ironiquement corps à cette lutte entre ombre et lumière qu’est pour moi le design. Tout s’arrête et s’effondre pour ne devenir qu’un face-à-face parfaitement glacial avec sa finitude, un pied sur une ligne de crête, l’autre dans l’infini. Un vide, un néant.

Et la science qui s’épuise pour donner une nouvelle chance et me permettre de continuer mon chemin. Ce jour-là, je suis né une nouvelle fois au design. J’ai appliqué ce que j’en sais pour déconstruire et reconstruire ma vie, pour la rendre belle malgré les difficultés, et me permettre de continuer d’être et de devenir.

Parce que finalement, qu’est-ce que le design sinon la discipline cherchant à déconstruire un existant et une problématique pour reconstruire une solution améliorant la vie des gens ? Qu’est-ce que le design sinon le véhicule d’une vie meilleure ? Qu’est ce que le design sinon la conviction qu’une simple idée, en lui donnant corps, peut changer le monde ?

Ce billet est classé dans .

Partager sur Twitter

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Vous êtes sur le blog de ThinkInnovation

Nous créons des solutions qui satisfont nos clients et partenaires.

Nous avons une vraie philosophie : « Care, Connect, Crystallize ».

Retrouvez nous sur Twitter !